Premiers peuplements

 

 

On croit que 600 ans avant J.C., les fondateurs de l'Isle furent les Biturges-Vivisques, ramification des Celtes qui, partis depuis plusieurs siècles des confins de l'Inde et de l'Europe, s'étaient arrêtés chez nous bloqués par l'Océan et la Garonne.

Nos ancêtres probables étaient donc les Bituriges et leur petit territoire se groupait autour de Burdigala, débordant un peu sur la rive gauche de la Garonne. Bons commerçants, placés sur la route de Rome, ils entretenaient d'excellentes relations avec les Romains. Aussi, quand Vercingétorix, vers l'an 52 av. J.C., leur demanda de participer à la guerre contre César, il semble bien qu'ils firent la sourde oreille...

Cela leur valut des liens privilégiés avec les vainqueurs et procura une grande richesse aux dirigeants, et sans doute à l'ensemble du peuple.

On ne sait évidemment pas comment pouvait être l'Isle avant Jésus-Christ, mais par le grand nombre de tessons de poteries trouvés dans la terre du bourg qui marquent une occupation continue depuis six cents ans avant notre ère, on est quasi certain de l'occupation par les gaulois. La couleur noire, grise ou rouge des poteries dépendait de la manière dont était opérée la cuisson.

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L'Isle étant une cité fluviale et probablement un petit port de commerce, l'activité des habitants devait se tourner vers la navigation.

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O.C

Epoque Gallo-Romaine

Tuiles romaines - Doliums et amphores - Céramiques sigillées - Monnaies romaines - Vestiges divers

 

...Des poids de tisserands ont été trouvés à l'Isle. Le tissage se faisait sur des métiers à tisser verticaux dont les fils étaient tendus par des poids en terre cuite.

A l'époque Gallo-Romaine, les constructions étalent en pierre de taille ou en moellon souvent associés à la brique. La terre cuite rouge ou jaune était très utilisée comme carrelage, doublage des murs d'hypocauste, colonnettes et surtout tuiles. Le marbre et diverses pierres marbrées servaient au parement des pièces d'habitation et des piscines. Tous ces matériaux se retrouvent dans le sol du bourg, dans sa partie nord sur une longueur de 400 mètres et une largeur de 200, très certainement sur l'ancien rivage de la Garonne.

Nous allons en faire l'inventaire et la description :

Tuiles romaines

Ce type de tuile, a été fabriqué et utilisé dans nos régions de l'Empire romain au 9ème siècle. Faites de terre rouge ou jaune, elles comprennent deux variétés :

- les tegulae formant des canaux d'écoulement.

- les imbrices semblables aux tuiles creuses actuelles.

 

Ces tuiles sont grandes et lourdes et de plusieurs dimensions ; on en trouve dans le bourg de grandes quantités à la moindre fouille. Elles étaient utilisées non seulement pour les toitures mais aussi pour des caniveaux, des sépultures... Elles étaient liées par le fameux mortier romain et fixées parfois par des clous. Ce mortier ou ciment romain était fait de sable et de chaux dans lesquels on ajoutait de la poudre de brique avec l'eau de délayage. L'argile cuite apportait une modification chimique au simple mortier et lui permettait de tenir sous l'eau. On peut voir encore aujourd'hui que les fondations des quais de l'ancien moulin, quoique plus récentes, sont liées avec ce mortier de couleur rose.

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Doliums et amphores

Récipients de grandes dimensions, les doliums, vase à grains sont de terre cuite grise ; des fragments en ont été trouvés près de l'estey (Le nom de dolium a fait "Douil" dans le langage gascon).

De nombreux fragments amphore, surtout des culots et des poignées, ont été recueillis dans le bourg, mais la trouvaille la plus intéressante se situe dans le pré derrière le cimetière actuel.

Ces vases lourds et incommodes, étaient portés par deux personnes, et pour les poser il fallait les planter dans du sable ou les placer sur un trépied. Les navires qui les portaient avaient des planches à trous pour les caler, ou bien des fagots de bois qui jouaient le même rôle. Un bouchon de liège protégé par un opercule de terre cuite scellé à la résine assurait la fermeture.

Derrière le cimetière, donc, une pelle mécanique, en 1978, en creusant une fosse, mit à jour les tessons de six amphores du même type. Il s'agissait des restes d'amphores italiques du 2ème siècle avant J.C.. Le diamètre extérieur qui mesure 27 cm correspond à 10 " pouces français " de 27,06 mm , la hauteur reconstituée fait environ 1,10 m, et la contenance calculée est 26 litres environ. Poids plein 50 kg.

Les amphores de vin provenaient de l'Italie et de Narbonne. Elles prenaient d'abord la voie terrestre jusqu'à Toulouse, puis, par la Garonne arrivaient à Bordeaux et ses environs. De là, elles pouvaient être vendues sur place pour les riches gallo-romains, ou bien réexportées peut être vers la Grande Bretagne.

Notons en passant que le trafic des amphores enrichissait beaucoup les riverains de la Garonne qui percevaient des droits de passage pour des raisons diverses, si bien qu'à Burdigala leur prix était exorbitant : on a rapporté qu'un personnage puissant aurait troqué un esclave contre une amphore de bon vin.

L'endroit de la découverte des tessons se situe à proximité de l'ancien rivage de la Garonne qui devait passer à une centaine de mètres du bourg actuel. Il ne semble pas déraisonnable de penser qu'à cet emplacement devait se trouver le port de notre antique cité. Au cours des déchargements, on devait casser accidentellement quelques récipients, et leurs débris étaient jetés dans des fosses. (Les amphores étaient des " emballages perdus " !).

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Céramiques sigillées

Pour quelqu'un qui n'est pas averti, la découverte d'un tesson de terre sigillee peut paraître de faible intérêt archéologique. On pense : c'est trop fin, trop brillant pour être ancien... Et pourtant ce type de céramique n'a été fabriqué que dans les tout premiers siècles : il semble qu'au delà de l'an 250 le secret de fabrication ait été perdu.

Il faut remarquer que certains vases ne comportent pas de motifs décoratifs, mais que par commodité, on appelle ainsi toutes les fabrications en pâte de ce type.

Les bols ou assiettes en sigillée portent parfois une marque de fabrique : la marque du potier, presque toujours située sur le fond intérieur du récipient.

 

 

Marques de potiers trouvées sur des tessons dans le bourg :

Les ateliers de fabrication les plus proches de Bordeaux et, de plus situés sur la route de la Garonne, sont Montans, La Graufesenque et Banassac. La Graufesenque est située près de Millau, en Aveyron sur le bord de la Dourbie un petit affluent du Tarn. Là, un grand nombre d'ateliers et de fours de potiers antiques ont été mis à jour, (263 marques identifiées). Les rives du cours d'eau fournissaient l'argile fine, les techniques de fabrication d'origine italique, (Arezzo), avaient été perfectionnées localement. La vaisselle était vendue dans toute la Gaule et bien au delà. La Graufesenque n'a produit de la sigillée que pendant une période allant de 5 ans avant notre ère jusqu'en l'an 150. Les marques de potiers trouvées dans notre sol sont probablement celle d'ATENUS et celle d'ALBANUS, producteurs de la Graufesenque. On voit donc qu'à l'époque gallo-romaine, à côté des poteries grossières, existaient à l'Isle une vaisselle de luxe venant de très loin et sans doute chère.

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Monnaies romaines

Des monnaies romaines ont été trouvées vers 1930 dans un labour profond des Gravettes et données au curé de l'époque. Elles auraient été du règne de Constantin.

D'autres monnaies ont été recueillies par des particuliers : au total connu trois sesterces en orichalque, deux du Haut Empire romain un de la République, un as en cuivre rouge de César...

Au cours de travaux communaux il été trouvé un sesterce d'Antonin le Pieux, (138 - 161), en 1979.

 

La dernière trouvaille a été faite au cours de terrassements pour la digue aux Gravettes. Il s'agit d'un as du temps d'Auguste, (27 ans avant J.C. - 14 ans après). Cette monnaie, frappée en Espagne, semble prouver l'existence de relations entre notre île et la lointaine Ibérie...

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Vestiges divers

Dans le bourg, à la sortie vers Saint Médard, un terrassement a mis à jour parmi les tuiles romaines, des morceaux de briques à tétons, de marbre blanc, et des débris de bronze et de fer.

Un peu plus loin un élément de pilette en quartier était ramassé. Il pourrait s'agir des restes d'un hypocauste.

Des éléments de marbre rouge veiné de vert trouvés dans l'estey près de l'église pourraient provenir de l'ancienne église, ou plutôt d'un ancien temple païen. Parmi les vestiges divers se trouvent des débris de verre fin vert-bleus, des scories de fer assez nombreuses, des pierres rubéfiées, des clous, des restes d'armes ou d'outils en fer très oxydés...

En 1988, au cours des travaux d'assainissement dans le bourg, il a été trouvé une base de colonne en pierre.

O.C

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