Le Port

d'Isle Saint-Georges

Antiquité - Moyen âge - XIXème siècle - Avant la dernière guerre - Aujourdhui

Dessin d'Olivier Coussillan -1960 -

Antiquité

Il est probable que l'Isle en Arruan a dû servir de lieu de relais pour les marchandises quelques siècles avant notre ère. Le bord de l'île principale sur laquelle vivaient les habitants devait être entre le cimetière actuel et l'estey, car on a trouvé des tessons d'amphore à vin italiques du 2ème siècle avant J.C. dans cet endroit, en assez grand nombre. Comme le vin n'était pas produit dans notre région, il s'agissait de récipients d'importation entreposés là et parfois cassés.

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Moyen âge

Plus tard, au moyen âge, d'après la tradition orale, l'estey du Graveyron traversant le bourg fut creusé sous la direction des moines du prieuré de Sainte-Croix.

Le bras de Garonne passant à l'Isle s'étant comblé par l'effet de ce creusement, c'est sur le bord de l'estey nouveau que fut transféré le port, à son emplacement actuel.

Il était utilisé par les moines du prieuré et par le meunier. Il devait s'agir de cales inclinées plus ou moins bien pavées, sauf devant le moulin où il y avait un quai vertical.

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XIXe siècle

Il faut arriver au 19ème siècle pour avoir des renseignements précis.

Le 2 octobre 1824, devant le conseil municipal, le maire Alexandre Journiac fait un discours quelque peu grandiloquent qui commence ainsi :

" ... Rassemblés aujourd'hui pour délibérer sur tous les objets d'utilité urgente pour notre commune, vous approuverez sans doute, Messieurs, que j'appelle votre attention sur une chose depuis longtemps aussi vivement sollicitée par vous, grandement désirée par tous les habitants et propriétaires de notre commune, cette chose est d'avoir un port que notre commune ne possède plus depuis un temps immémorial, que par la suite du temps on avait laissé perdre... "

(Ceci laisse supposer le quasi abandon de ce havre pendant une certaine période)

Le maire expose ensuite un projet d'agrandissement et de remise en état du port laissé à l'abandon. Ce projet est adopté. On achète un terrain au sieur Demon pour 120 F : il s'agit de l'espace compris entre l'estey et les maisons voisines de la rive gauche. On plante des pins comme fondations, on achète plusieurs bateaux de pierres, un bateau de sable, six bateaux de graves, plus de 350 tombereaux de graves, on emploie des charpentiers, des bouviers, des terrassiers....

(notons que le débarquement des pierres, du sable et du gravier montrent que les bateaux pouvaient remonter l'estey)

Le coût de ces travaux s'éleva à 1 321,28 F ( 1825-1826). A titre de comparaison le prix d'une journée d'ouvrier se montait à 1,50 F. Un calcul simpliste et approximatif permet d'évaluer le coût des travaux entre 250 000 et 300 000 de nos francs actuels.

Un peu plus tard, en 1839, M. Dealbitre offre à la commune 1,40 mètres de sa terrasse, (à l'extrémité nord rive gauche), pour agrandir la cale :

" ... à condition que la commune lui fasse reconstruire le mur de la terrasse susdite à ses frais... Vu que cette cale sert journellement de lavoir pour les besoins des habitants, et en outre pour abreuver continuellement le bétail... "

On fait faire ces travaux à Helliot entrepreneur de bâtisses pour la somme de 178,35 F (entre 35 000 et 40 000 de nos francs).

 Plan du port après les travaux de 1826

Mais avant cette dernière amélioration, la remise en état du port ayant été réalisée, il fallut réglementer et pérenniser ces installations. La municipalité décide pour en assurer l'entretien, de prélever un droit de plaçage sur les marchandises et denrées déposées par les utilisateurs sur le port communal. La perception des taxes est déléguée, par adjudication annuelle, à une personne solvable moyennant une somme forfaitaire. C'est ainsi que, par exemple, le 30 mai 1832, l'adjudication revient à Jean Castanet marin, pour 63 F (environ 12 500 F). Les taxes sont perçues par mètres carrés occupés au sol pour une période maximale de 10 jours.

Le tarif ( Pour connaître le tarif du péage en 1830, cliquez ici), établi pour 1830, donne en même temps l'éventail des marchandises en transit. Etant donné la faible valeur des taxes pour la majeure partie des marchandises et en comparaison de la somme de 63 F donnée par le fermier du port, il semble que le trafic était relativement important.

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Avant la dernière guerre

A la place de l'écluse était le moulin qui, barrant l'estey, formait la limite de la navigation fluviale.

Devant lui, le lit élargi permettait aux gabares de tourner.

Sur la rive droite, attenant au moulin, étaient les bâtiments de l'ancien prieuré des moines de Ste Croix.

Sur la rive gauche, en descendant son cours, on trouve un escalier de pierres et un palier permettant d'accéder aux barques. La cale pavée servait d'abreuvoir, on l'appelait " la cale aux Chevaux ". Aussitôt après, un plan incliné assez bas servait de cale de déchargement et pouvait être utilisé pour tirer les bateaux à sec pour réparation. Ensuite nous trouvons un vaste quadrilatère cerné par des quais verticaux formant l'ancien emplacement à péage des marchandises en attente. Enfin, la grande cale, (celle qui servait de lavoir et qui avait été agrandie),était utilisée naguère par les ménagères armées du banc et du battoir....

Le port fonctionnait encore au ralenti (et sans péage évidemment) à la veille de la guerre de 1940.

Par le jeu des marées, du vent et du halage à bras ou à cheval, arrivaient des grandes barques couvertes qui déchargeaient des bois, des ferrailles des joncs à lier la vigne, des douves et des cercles de barrique, des produits de sulfatage venant de Bordeaux.

Suivant les saisons, des fruits ou des légumes partaient vers le marché des Capucins, bien emballés dans des "baillots" de vendange recouverts de cretonne et soigneusement étiquetés et marqués... Quelques barils de vin étaient aussi du voyage.

La dernière guerre a fait disparaître les transports nautiques locaux remplacés par des camions ; les machines à laver ont fait déserter les cales-lavoirs, et il n'y a plus de chevaux pour aller boire à la cale-aux-chevaux.

Peu à peu le port s'envasa, les quais s'écroulèrent. Les vergnes, les frênes et les aubiers établirent leur règne sur cet abandon.....

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Aujourd'hui

Dessin d'Olivier Coussillan

Aujourd'hui le port que nous avons sous les yeux est l'image approximative de ce qu'il était en 1840.

L'évolution des mœurs fît que la Garonne, désertée par les anciens bateliers, en retrouva de nouveaux avec les plaisanciers. Le tourisme nautique sur la Garonne et les canaux de son domaine est en plein essor.

Aussi le port de l'Isle Saint Georges, sur la demande de la municipalité, fut-il classé "Halte nautique " en 1978.

Un an après, grâce à des subventions de l'Etat et du Département, les cales furent réparées, 800 m3 de vase et débris déblayées et les quais rebâtis.

   

O.C

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