Guerre de La Fronde à l'Isle Saint-Georges

 

La Fronde à Bordeaux : rapide rappel historique - Débarquement Epernonistes à l'Isle Saint-Georges -

Les frondeurs s'organisent : débarquement des Bordelais - Cruelle loi de la guerre - Epilogue - Bibliographie -

 

La Fronde à Bordeaux : rapide rappel historique

En 1650, le roi Louis XIV n'a que douze ans. Sa mère, Anne d'Autriche, est régente. Elle s'appuie sur Mazarin, premier ministre, successeur de Richelieu. Mazarin poursuit, contre l'Espagne, une guerre commencée par Richelieu. Il faut beaucoup d'argent pour la guerre... et pour Mazarin lui-même. Pour en trouver, il augmente les impôts et en crée de nouveaux alors que les récoltes sont mauvaises et que certains hivers de disette ont causé la mort de biens des pauvres gens.

Le Parlement des grandes villes, et notamment celui de Bordeaux, s'oppose à ces levées d'impôts avec l'appui de certains nobles, de bourgeois et du petit peuple. C'est «la Fronde». De plus, les fermiers généraux, percepteurs de l'Ancien Régime, sont malhonnêtes et confondent leurs propres poches avec celles du roi... Bref, le Parlement de Bordeaux entre en révolte ouverte contre Mazarin mais garde son estime au roi qu'il croit mal informé.

La princesse de Condé, dont le mari a été arrêté par Mazarin comme frondeur, se réfugie à Bordeaux avec son fils, le jeune duc d'Enghien. Le duc de La Rochefoucauld et le duc de Bouillon, du parti des frondeurs, viennent aussi à Bordeaux avec elle.

Mazarin déclare la ville séditieuse et donne l'ordre au gouverneur de la Guyenne, le duc d'Epernon, de mater la rébellion. Héritier des comtes de Foix et de Candale, fils de Nogaret de la Valette, (et, entre autres, seigneur de l'Isle-Saint-Georges), le duc d'Epernon est un personnage haut en couleur, mais peu aimé par une majorité de ses contemporains, semble-t-il. (Son père était l'un des «mignons» d'Henri III...) Sous Henri IV, sa famille a fait construire le superbe château de Cadillac qui lui appartient.

Le duc d'Epernon, contesté par les Bordelais, avait, autrefois, été destitué de son poste de gouverneur de Guyenne par Richelieu, et même condamné à mort par contumace... Mais Mazarin le rétablit gouverneur de Guyenne à son arrivée au pouvoir.

La colère des Bordelais contre lui sera à son comble quand ils s'apercevront qu'il s'apprête à expédier un navire de blé à l'Espagne, notre ennemie du moment (opération qui lui aurait rapporté la somme considérable de 120 000 livres).

Aux côtés du duc d'Epernon, son frère, le chevalier de La Valette, et, parmi tant d'autres, le maréchal de La Meilleraye, le meilleur spécialiste en artillerie et sièges de fortifications de son temps, militaire strict et intègre.

Nous ne retiendrons de l'histoire très compliquée de la Fronde à Bordeaux que la partie qui intéresse particulièrement 1' Isle-Saint-Georges.

O.C

 

Débarquement des Epernonistes à l'Isle Saint-Georges

En 1650, il y a donc deux camps : les Bordelais frondeurs et les Epernonistes aux ordres de Mazarin, le roi étant censé au-dessus de la querelle.

En ce mois de juin de 1650, tout Bordeaux est en agitation. De la princesse de Condé avec ses amis les ducs de La Rochefoucauld et de Bouillon, en passant par le Parlement, les bourgeois et le petit peuple, tous sont très en colère, pour des motifs divers d'ailleurs, contre Mazarin et contre celui qui le représente en Guyenne : d'Epernon.

Vers le 20 juin, les Bordelais partent dans le Médoc pour ravager les propriétés du duc d'Epernon. Il faut que la princesse de Condé les retienne pour ne pas qu'ils dépassent les bornes. (Elle fera restituer le bétail saisi).

Mais pendant ce temps, d'Epernon s'emploie à investir Bordeaux. Il sait que, en l'absence de bonnes routes, la seule artère vitale pour la ville est la Garonne. Qui bloque la Garonne prive Bordeaux de ravitaillement en denrées et en matériel. Il se rappelle que, parmi toutes ses seigneuries, il possède le château fort de l'Isle-Saint-Georges, qui lui venait de sa mère, et il prend la décision de le faire occuper militairement pour contrôler la rivière. Mais cette intention parvient aux oreilles des Bordelais (dans cette guerre civile, il y a beaucoup d'espions qui passent d'un camp dans l'autre). D'après tous les historiens anciens, cette nouvelle provoqua une grande alarme dans Bordeaux.

Le peuple, qui était persuadé que tenir le château de l'Isle revenait à tenir la ville, fit pression sur le Parlement pour qu'il se saisisse immédiatement du fort.

Et aussitôt on envoie La Mothe-Sauvage, un capitaine qui connaît bien le pays, pour recruter des paysans du village, les armer et tenir le château, ce qui fut fait promptement.

Mais le 22 juin, à peine installée, cette garnison de fortune voit arriver de Cadillac, par la Garonne, une troupe d'environ trois cent cinquante hommes du duc d'Epernon, commandés par un gentilhomme du pays, le comte de Canolles, qui était lieutenant-colonel au régiment de Navailles. Pris de panique, les malheureux paysans, qui ne comprennent sans doute pas trop ce qu'il leur arrive, sont bousculés et jetés hors du château fort. On les renvoie dans leurs chaumières, et la troupe d'Epernon occupe la place qu'elle s'emploie à mettre en défense. Cet événement retentit comme un coup de foudre à Bordeaux...

O.C

 

Les frondeurs s'organisent : débarquement des Bordelais

« ... Le Parlement s'assembla sur le champ et ordonna que tous les bourgeois, sans distinction, prendraient les armes au son de la cloche... pour aviser à la cause publique...» (1). «... Les Bordelais regardaient ce poste comme très important... ils regardaient cet endroit comme un lieu qui pouvait leur fermer le passage des vivres par le cours de la rivière et une retraite...» (2).

Le 26 juin, on tint conseil de guerre. La résolution d'attaquer le château est prise. Lamothe-Delas, assisté du chevalier de Roquelaure, fils de feu le Maréchal, ancien maire de la ville, est mis à la tête de quatre cents hommes provenant des régiments d'Enghien et de Lusignan. On ordonne à des paysans de l'Entre-Deux-Mers, qui étaient déjà très aguerris, de se rendre à onze heures du soir au port d'Esconac, sur le bord de la Garonne opposé à l'Isle Saint-Georges, dans l'attente d'un embarquement. Dans ce petit port, on amène de Bordeaux tout ce qui est nécessaire pour l'attaque, car on pense que l'opération ne sera pas facile en raison de la situation du lieu.

«... Cette Isle est bordée d'un côté par la Rivière et de l'autre par un large ruisseau qui la sépare de la terre ferme. Outre cela (le terrain environnant) est entrecoupé de larges fossés dans une espèce de terre marécageuse qui rend tous abords extrêmement difficiles...» (2). (On voit qu'à cette époque l'Isle Saint-Georges était encore une île.)

Dans la nuit du 26 au 27 juin, la troupe de Lamothe-Delas embarque de Bordeaux dans une flottille de chaloupes, et, probablement aidée par la marée montante, remonte la Garonne. A Esconac, d'autres barques amenant des hommes et du matériel se joignent à elle. Vers les sept heures du matin, au point du jour, toute cette petite armée est devant l'embouchure de l'estey appelé en ce temps le Saint-Jean d'Etampes. La marée est haute. On débarque sans que l'alarme ne soit donnée, probablement sur la rive gauche. Un habitant du pays, nommé Huguet, se charge de guider une avant-garde de 60 hommes le long de l'estey, pendant que deux chaloupes armées de vingt hommes, sous le commandement du lieutenant Vinace, remontent le ruisseau, chargées de paille, de fagots et de goudron (3).

Par des sentiers inconnus auxquels les ennemis ne s'attendaient guère (2), une autre partie de la troupe tombe sur le corps de garde du château. Surpris, peut-être encore ensommeillés, les soldats de garde n'ont guère le temps de s'organiser et sont promptement neutralisés.

Le reste de la garnison prend les armes, les mousquets crépitent (on trouve encore des balles de plomb aux alentours de ces lieux). Mais la porte du château n'étant plus défendue, une partie des défenseurs se replie dans l'église et dans le moulin, pendant que d'autres cherchent le salut en fuyant dans les vignes et les blés.

Lamothe-Delas, maître du fort, attaque le moulin et l'église. Il fait amener la paille, les fagots et le goudron pour y mettre le feu.

Voyant la partie perdue, les Epernonistes se rendent aux Bordelais avec leur chef, le comte de Canolles, et ils ont la vie sauve.

Moins heureux qu'eux, ceux qui s'étaient enfuis dans les vignes et les blés sont poursuivis par les paysans-soldats de l'Entre-Deux-Mers qui les massacrent tous... Pour bien se représenter le champ de bataille, il faut savoir comment étaient les lieux à cette époque. Le château était entouré de douves aussi larges que l'estey actuel, sauf du côté du levant où il pouvait communiquer, grâce à un pont de pierres étroit avec l'ancienne église. L'église elle-même était incorporée à un ensemble de bâtiments faisant bloc : le moulin et le prieuré des moines de Sainte-Croix. Comme en général les moulins à blé étaient plus ou moins fortifiés pour résister au pillage en cas de disette, l'ensemble dans lequel s'était réfugiée une partie de la garnison aurait pu fournir un centre de résistance si les défenseurs avaient été moins surpris.

Derrière le prieuré, étaient les vignes et les champs de blé dans lesquels les malheureux fuyards trouvèrent la mort. Le bilan de cet engagement fut de cent cinquante tués et deux cents prisonniers. Les prisonniers furent triomphalement menés à Bordeaux et promenés dans la ville sous la garde des soldats.

«... La populace était ivre de fureur et voulait tous les massacrer. Les ducs de La Rochefoucauld et de Bouillon employèrent toute leur autorité pour les garantir de la fureur du peuple qui voulait ardemment les faire mourir tous...» (2).

«... L'emportement était tel qu'un cavalier de La Rochefoucauld qui cria en se retournant : Vive le roi et Monsieur d'Epernon, fut sur-le-champ égorgé et traîné par toutes les rues après qu'on lui eut coupé le nez et les oreilles et qu'on l'eut honteusement mutilé, tant il est dangereux de parler ou d'agir à contre-courant contre les inclinations d'une populace mutinée...» (1).

On mit tous les captifs dans les prisons de Bordeaux, de Canolles et d'autres officiers furent enfermés au château du Hâ.

«... Le duc d'Epernon apprit la défaite de sa garnison de l'Isle-Saint-Georges avec bien du mal au coeur. Mais n'ayant pas les moyens d'une vengeance toute prête, il tourna ses pas de Blanquefort sur Ludon, Macau, Labarde, Cantenac, Margaux et Arsac qu'il ravagea entièrement. Il fut ensuite assiéger Castelnau qu'il reprit par capitulation avec des conditions honorables pour la garnison...» (2).

A Bordeaux, après ce succès, on exulte, on se félicite... Et le lendemain 28 juin, les ducs de La Rochefoucauld et de Bouillon viennent à 1'Isle-Saint-Georges pour visiter le poste et établir un projet de défense. Le Parlement de Bordeaux qui tient conseil de guerre, sur leurs avis, décide d'y envoyer six cents hommes du régiment de Conti sous le commandement de M. du Chambon, et d'y construire un fort dans «... une pointe que fait la terre sur le bord de la rivière...» (2).

D'après les ducs, cet endroit serait plus efficace que le château-fort pour tenir le fleuve. On pourrait facilement y envoyer des renforts par bateaux ou bien y prélever des soldats en cas de besoin. Ce projet est promptement réalisé.

Les six cents soldats débarquent et se mettent aussitôt à faire des remparts en terre et probablement avec des moëllons apportés par bateaux. Ils doivent bivouaquer, sans doute, mais au mois de juin, ce n'est pas désagréable au bord des eaux tièdes du fleuve... Ce grand camp devait être assez inquiétant pour les gens du village qui ne savaient pas trop quel parti ils devaient prendre...

Où étaient situés ce fort et ce camp ?

D'après les cartes anciennes (pas très exactes il faut bien le dire), comme par exemple la carte dressée par Belleyme à la fin du XVIII° siècle, on ne voit aucune pointe de terre s'avançant vers la Garonne. Le premier cadastre officiel de 1847 n'en porte pas trace non plus.

Essayons de localiser cet emplacement qui, comme on le verra plus loin, était certainement en face de Cambes.

En premier lieu, on pourrait penser au lieu-dit «Au Camp», dont un ancien tracé à peu près carré de soixante-dix mètres de côté figurerait le campement. En face, sur les berges de la Garonne, on voit encore les restes d'un perré considérable. On y a trouvé des sous tournois, monnaie de l'époque. Mais l'appellation ancienne «Aus Camps», qui veut dire "Aux champs", existait déjà depuis plus de deux cents ans avant la Fronde... Et puis il ne semble pas possible qu'il y ait eu une pointe de terre en ce lieu.

Une autre hypothèse serait que, comme il arrive souvent, les bords de l'estuaire d'un ruisseau fassent une avancée de terre dans la rivière. Dans ce cas, le fort aurait été sur la rive gauche de l'estey du bord, à son embouchure. C'était stratégiquement un bon endroit qui aurait pu contrôler l'entrée du ruisseau conduisant au château.

O.C

 

Cruelle loi de la guerre

Pendant ce temps, le maréchal de La Meilleraye, aux ordres du duc d'Epernon, assiège Libourne, tenue par les frondeurs commandés par Richon. De La Meilleraye est un excellent artilleur, spécialiste des sièges de places fortes. Libourne ne tarde pas à se rendre sous promesse de la vie sauve pour la garnison. Mais Mazarin, gagnant de vitesse la grâce royale, fait pendre Richon sous la halle de Libourne, au mépris de la parole donnée par La Meilleraye. Ce dernier en eut d'ailleurs un grand ressentiment contre Mazarin.

Le Parlement de Bordeaux, fort ému par ce meurtre indigne, décide que :

«... on ferait pendre par droit de représaille le sieur Canolles, capitaine au vieux régiment de Navailles qui avait été fait prisonnier dans l'Isle Saint-Georges quand elle fut prise par les Bordelais, et mis dans le château du Hâ avec beaucoup d'autres. Et ce jugement fut exécuté sur le champ, qui ne donna pas le désespoir au pauvre Canolles de languir longtemps dans l'attente de la mort. Le peuple était si en fureur et si animé qu'il aurait fait pendre également tous les prisonniers qui étaient au château du Hâ, s'il en avait eu la liberté. Rien n'est si à redouter que la fureur du peuple, pour peu qu'elle soit excitée par des personnes d'autorité, comme elle l'était alors. Elle monta à un point extrême dans cette rencontre.
Le capitaine Canolles était huguenot, et jamais il ne fut possible de leur faire souffrir qu'on donna un prêtre à ce pauvre homme pour tâcher de le convertir en mourant. Ils voulaient qu'il fut damné, disaient-ils, parce qu'il était Mazarin, et si l'on n'eut fait prendre les armes aux troupes bourgeoises, il aurait été déchiré mille fois par la multitude avant d'arriver au supplice, qui fut fait aux Chartrons...» (2).

O.C

 

Revanche des Epernonistes

Le duc d'Epernon, comme on l'a vu, avait sur le coeur la perte de l'Isle-Saint-Georges. Son frère, le chevalier de La Valette, qui connaissait bien l'Isle, venait secrètement rôder aux abords de la garnison et cherchait des renseignements. Ce dernier chargea le maréchal de La Meilleraye de placer une batterie de canons sur la rive de Cambes pour tirer au-dessus de la rivière sur le fort et sur les bateaux qui venaient de Bordeaux pour le ravitailler.

Plusieurs embarcations ayant été coulées par cette artillerie, le moral des Bordelais commença à baisser, d'autant plus que La Valette trouva moyen de faire un débarquement dans l'Isle à proximité de leur bastion, à portée de mousquet, et édifia lui-même un camp retranché.

Les Bordelais décidèrent de réagir :

"... Messieurs Delas et Nort, lieutenant-colonel du régiment d'Enghien, qui commandaient le fort, impatients de voir l'ennemi à portée de carabine, résolurent de le débusquer. Ils commandèrent pour cet effet un détachement considérable d'élite de leur garnison, qui, sortant au point du jour, attaquèrent si rapidement le retranchement ennemi qu'ils l'emportèrent d'emblée l'épée à la main. Le chevalier de La Valette, qui avait couru au secours de ses soldats, eut le malheur d'y recevoir deux coups de mousquet, l'un dans l'épaule et l'autre dans la cuisse dont il mourut deux jours après dans la maison d'un paysan d'Arbanats. Messieurs Breuil maréchal de camp, Aubarède et plusieurs officiers et volontaires de l'armée du chevalier de La Valette subirent le même sort..." (2).

Les blessés ont dû être évacués par bateaux à destination de Cadillac. Mais il est probable que la gravité de l'état de La Valette fit qu'on le débarqua au plus vite dans une maison d'Arbanats où il devait mourir.

Il semble que ce fut le dernier succès des frondeurs sur l'Isle-Saint-Georges.

Les troupes du duc d'Epernon, le 4 août, occupent l'église qui devait être sans défenseurs. Dans la semaine qui suit, elles attaquent incessamment le bastion bordelais. L'artillerie tire de temps en temps sur lui et aussi coule impitoyablement les bateaux qui veulent s'en approcher.

Une frayeur panique «... saisit les soldats et même les officiers...», si bien que le 11 août ils se rendent comme prisonniers de guerre.

Dans ses mémoires, le duc de La Rochefoucauld, auteur des fameuses Maximes, s'exprime ainsi : «... Les Bordelais perdirent tout à la fois cette île qui leur était si importante, et douze cents hommes de leur meilleure infanterie...»

L'épisode de l'Isle-Saint-Georges était clos.

O.C

 

Epilogue

De cette date, l'importance du château fort commença à décliner. Sa disparition progressive était inévitable. Sur le plan général, l'aventure de la Fronde allait se terminer. La paix entre les Bordelais et le roi fut signée le 28 septembre de cette même année de 1650, un mois et demi après la reddition de l'Isle.

Pour plaire à la ville de Bordeaux, entre autres satisfactions, le jeune Louis XIV révoque le duc d'Epernon. La carrière de celui-ci est bien terminée. Il prend sa retraite en Touraine et y meurt en 1662 à l'âge de soixante-dix ans. Voici un extrait de l'acte de révocation : «... Louis par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre avons de l'avis de la reine régente, notre très honorable Dame et Mère, approuvé et approuvons, tout ce que dessus et, en exécution, révoqué et révoquons dès à présent notre très cher et bien aimé oncle le duc d'Epernon du Gouvernement de Guyenne... Fait à Bourg sur mer (Bourg sur Gironde), le premier jour d'octobre 1650. Signé, Louis et plus bas, Phelypeaux.»

Pour l'Isle-Saint-Georges qui, bon gré mal gré, fut impliquée dans ce conflit, il en résulta beaucoup de deuils et bien des dégâts.

Les soldats, sous prétexte de ruiner les biens ennemis, pillaient et faisaient beaucoup de dévastations. Les moines du prieuré siégeant près de l'église étaient propriétaires de vignes à Boutric. Devant la demande de dégrèvement des paysans qui leur devaient une redevance en nature appelée l'agrière, ils «décident une réduction de l'agrière pour les vignes sises dans l'enclos de Beautricq autrement dit Gaxion, en raison des dégâts causés par la guerre dans les maisons et enclos de Beautricq, n'ayant laissé aucuns meubles, cuves, pressoirs portes ny fenêtres, ny paus aux vignes...» (4). Il faut noter que si la remise en état de la vigne et des cuviers coûtera très cher, les ceps n'ont été ni coupés ni arrachés...

O.C

 

Bibliographie

1. Ant. SAINTMARC, Bordeaux sous la Fronde, 1859

2. Auteur anonyme dévoilé : Jean Martin de LA COLONIE, Conseiller au parlement, Histoire curieuse et remarquable de la ville et de la province de Bordeaux, tome III, Bruxelles, 1760.

3. Edouard GUILLON, Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, Bordeaux, 1866-1869.

4. Archives Départementales de la Gironde. H 489

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