L'Église d'aujourd'hui

- Édification de la nouvelle église et de son clocher -

 Chute de la pointe du clocher en 1860 - Visite extérieure

 

Édification de la nouvelle église et de son clocher

Nous voici en 1852. Cela fait plus de cinquante ans que l'on parle de la réparation de l'église.
Le cardinal Donnet alors archevêque de Bordeaux va réaliser un important travail en Gironde et notamment la construction d'églises nouvelles et la rénovation quasi totale des églises existantes (pour son diocèse 223 églises, 100 clochers et 300 presbytères).
On a beaucoup reproché au cardinal Donnet par la suite, et notamment à notre époque, d'avoir défiguré beaucoup d'églises romanes en les transformant en églises néogothiques. Autrement dit d'avoir détruit une architecture authentique pour la remplacer par une imitation de style gothique. Mgr Laroza écrivait cependant "... Quant aux clochers pointus appelés dédaigneusement aujourd'hui "Clochers du cardinal Donnet", il faut savoir qu'ils correspondaient au goût du jour, qu'ils n'étaient pas et ne sont pas le monopole du diocèse de Bordeaux, (on en trouve partout en France), que les fidèles, les maires, les conseillers municipaux en réclamaient la construction, car les clochers symbolisaient à leurs yeux, comme le révèle la correspondance de l'époque, l'élan de la prière..."

Le 29 juin 1952, le conseil de fabrique de la paroisse propose au conseil municipal de s'associer avec lui pour faire de grandes réparations à l'église. Il présente le devis de M. Lasmolle, architecte, avec plans et cahier des charges pour :
- Prolonger la chapelle Saint Roch
- Reconstruire la charpente qui menace ruine
Montant du devis : 5 554,11 F.
Le plan est approuvé et signé par le préfet Haussman.

Et cette fois on commence les travaux !...

Le 13 février 1853, le maire (Bernard Daure) demande à M. Lasmolle de faire, le plus vite possible, un plan et un devis pour la construction d'un clocher en forme de flèche.
La rénovation de l'église est menée rondement, si bien que le 28 mars 1853, le maire rend compte au conseil municipal des dépenses faites pour l'église par la commune et par la fabrique :

- Érection de deux autels pour les bas-côtés de l'église et réparations importantes au grand autel 2 500 F
- Chaire, Saint table, calices, cuvette pour les fonts baptismaux, bancs de l'église, lampes, vitraux, dais, chapes, chasubles, draps mortuaires, chemin de croix, ophicléides 3 645 F
- Agrandissement indispensable d'un bas-côté de l'église, surhaussement des murs de la nef dont la charpente menaçait ruine, voûtes en pierre de taille en forme ogivale avec nervures "style des églises", la dite nef, le choeur, les bas-côtés nouvellement construits 7 500 F
Ces derniers travaux ont été exécutés sous la direction de M. Lasmolle, architecte, d'après ses plans et devis approuvés par l'autorité supérieure

Au total pour l'église

13 645 F
 

Ces travaux ont abouti à la construction de la nef et des bas-côtés actuels.

 

Le maire fait alors observer qu'il résulte du surhaussement précité que le clocher (l'ancien) se trouve enfoui en grande partie dans les combles de la charpente, ce qui nécessite indispensablement la construction d'un nouveau clocher.
Les plans et devis étant établis par M. Lasmolle, la dépense à envisager est de 8 302 F.
Le conseil municipal effrayé par l'ampleur de ces dépenses décide de demander une subvention du tiers du total au Ministère des Cultes. Mais cette demande est rejetée.
La municipalité ouvre alors une souscription auprès des habitants, souscription qui produit 8 460,05 F, soit un peu plus que le montant du devis.

L'architecte Lasmolle entreprend aussitôt la construction du clocher, et le 12 octobre 1856, le maire rend compte du financement de l'opération. La demande de subvention ayant été refusée, on a utilisé les sommes ci-après :

- Souscription des habitants 8 460,05 F
- Fonds votés par la fabrique 2 300,00 F
- Fonds votés par la commune 1 275,00 F

Total

12 035,05 F

Ce dépassement du devis est dû, semble-t-il, à ce que le clocher bâti était plus haut que ne le prévoyaient les premiers plans. Il apparaît en effet que la flèche mesure environ 36,50 m au lieu des 23 d'abord envisagés.
On peut donc résumer la naissance de l'église actuelle de la façon suivante :

- Eglise terminée en 1853, coût 13 645 F
- Clocher terminé en 1856, coût 12 035 F

Total

25 680 F

En 1856, l'Isle Saint Georges possède donc une belle église.

Chute de la pointe du clocher en 1860

Le 5 janvier 1860, moins de quatre ans après l'érection du clocher, un violent vent de noroît fait tomber tout le haut du clocher avec la croix de fer qui le surmonte.
Le conseil municipal se réunit le 19 janvier suivant : sur le registre des délibérations, nous pouvons lire le pittoresque rapport fait par le forgeron (orthographe respectée).
"Le cinq du courant, à 8 heures et demi su soir, que par le vent et le poids trop fort de la croix qui sur montée le dit clocher, lequel poids a amenée la chute de la flèche sur une hauteur de 5 mètres 33 centimétres environ, et que les trois clochetons a été dé capitée environ de 66 centimétres, et que le quatrième clocheton, a été branglé (ébranlé), et que le choux penche sur les cords de l'église (Le sommet du clocheton, en forme de chou, penche vers l'église), et qu'ant fin la tête de la flèche et la croix a tombée sur le cords de l'église de la principale nef et que les tas de pierres insi que la croix, en tomban a cassée à la deuzième travée de la charpente la teuille (tuile) insi que le feutage (faîtage), et une panne insij que pleusieurs cheverons et le latis, et en tomban a aussi percé la voute de la deuzième travée de la grand nevée (nef).
la croix insij que une partie dé pierres sont venu tombée sur le carrelage de l'église et que si cet événement étée arrivée aux moment des aufices il auret ôcasionnée de grand maleur.
Monsieur le maire (fait) remarquée au conseil municipal que la croix qui couronnet la flèche, d'une dimension trop forte avet une longueur de 1 m 645 et la première branche avet 1 m 05 de largeur, croix épiscopale double, avet 0,48 centimétres de largeur, de 0,03 centimétres carrés, sur lequel venet prendre un tirant enfer de 0,012 milième dépaisseur sur 0,05 centimétres de largeur, sur lequel ce tiran se cassée a son axet..."
"Monsieur le maire donne connaissance au conseil que le 17 septembre 1956 (fin de la construction du clocher) que la croix a été placée au couronnement de la flèche et qu'ant suite, environ trois ou quatre semènes suivant, un cou dévent arriva, fit ébranglé la croix insi que le curonnément de la flèche, et que quelques jours après M. Lasmolle architecte ordonna et fit placé deux tiran enfer environ 0,905 en contre bas du couronnément de la flèche oux la tige de la croix se trouvet reliée par ce tiran et a chaque bout de cé 2 tiran a été placé une plaque de cuivre entaillée dans la pierre et un écrou feut placé sur chaque bout de tiran pour recéré au temps que possible le cords de la flèche..."
"Monsieur le maire fait remarquer et reconnaître au conseil, comme ayant rémarqué que la construction de la flèche il y avet plusieurs pierre ayant été posées, que sur le joint il n'y avet aucune appence de mastic, ni même les pierres navet pas été garni de létence, il parétré que la construction n'a pas été faite suivant les uzages de l'art.
M. le maire donne aussi connaissance que M. Lasmolle architecte du monument afait élevée la flèche de 3 mètres 33 centimètres déplus quelle ne devrait avoir, sans enavoir donné connaissance aux conseillers municipaux.
Il y lieu d'attaquet M. Lasmolle architecte du monument insi que M. La Caza entrepreneur des sus-dits travaux pardevant les tribunaux et a nommée un expert que en fera vérification des travaux et reconnétra s'il y a vice de construction insij que la démolition de la croix qui couronnet la flèche de lé difice..."

On ne sait comment s'est résolu ce procès (s'il y a eu procès), mais on peut constater aujourd'hui que l'extrémité du clocher entièrement rebâtie ne comporte plus de croix mais se termine par un paratonnerre.

Visite extérieure

 

Partant de la grande porte vers le sud, on passe devant la petite porte méridionale ouverte dans les jambages du clocher. Au-dessus de cette porte se trouve un bas relief représentant Saint Georges. C'est cette sculpture qui a été récupérée de l'ancienne église.

 

A peu près au centre du mur sud, on peut lire, gravée dans une pierre, cette inscription :
Sous C'est Arceau
Repose Pierre Girard
Décédé le 19 9bre 1850
Priez Pour Lui S.V.P.

Au-dessous, incorporée au mur de l'église, une voûte émerge du sol. Pierre Girard était un simple habitant de la paroisse mort à 66 ans laissant une veuve née Catherine Garach.
On peut expliquer cette singulière inhumation de la façon suivante : l'année du décès, le cimetière entourait encore l'ancienne église (ce n'est qu'en 1870 qu'il sera transféré à l'emplacement actuel). La tombe des Girard se trouvait très près du mur, et quand en 1853 on agrandit les bas-côtés, le nouveau mur devait passer au-dessus de cette tombe. La famille s'opposant sans doute à la translation, on a dû construire l'arc de décharge que l'on voit aujourd'hui. Grâce à cette particularité, le nom de Pierre Girard est passé à la postérité !

Un peu plus loin, toujours au sud, dans le mur de la dernière travée qui est celui de l'ancienne chapelle St Roch, on aperçoit les traces d'une ancienne fenêtre en plein cintre qui a été murée en 1853, ainsi qu'une petite ouverture également murée qui pourrait être une ancienne niche de statuette.

Passée la porte de la sacristie, on trouve, plaqué contre un pan de l'abside, le monument aux morts de la guerre 1914-1918 érigé en 1981.

O.C

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