L'Ecole Communale

 

Dessin d'Olivier Coussillan - 1973 -

 

Avant le XIXe siècle - La première école laïque - La gratuité scolaire - Acquisition de la Mairie-Ecole -

 

Avant le XIXe siècle

L'examen des documents du XVIIème et du XVIIIème siècles existant dans la commune et chez les particuliers  (registres et actes notariés) montre que seulement une faible partie de la population sait lire et écrire. Les hommes qui savaient signer leur nom se comptaient parmi le clergé, la noblesse, les artisans, les bourgeois et même les vignerons ou les laboureurs. Mais, seules les femmes de la noblesse et de la bourgeoisie savaient écrire.

On peut supposer qu'à l'IsIe cet enseignement était donné par les moines du prieuré, on ne sait dans quelles conditions.

A la veille de la Révolution, il y a déjà un grand progrès de fait dans l'instruction du peuple... Le comité communal désigné par les autorités révolutionnaires de Bordeaux est composé de petits agriculteurs. Tous savent très bien écrire quoique leur orthographe soit un peu fantaisiste. Après la révolution l'enseignement est probablement assuré par des membres du clergé, dans des conditions mal connues.

O.C.

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La première école laïque

Il faut arriver en 1821, sous Louis XVIII, pour que la commune soit pourvue d'un instituteur laïque ( Le mot de laïque qui qualifie l'instituteur signifie simplement qu'il n'appartient pas au clergé. Il doit toujours enseigner la religion.)

Le conseil municipal, le 22 mai 1822, constate que : " ... la commune possède un instituteur depuis environ un an, ainsi que son épouse , cette dernière spécialement chargée d'élever les jeunes filles dans la religion chrétienne, mais que la modique rétribution qu'ils reçoivent des parents ... se trouve insuffisante à leur entretien et leur loyer. En conséquence, M. le maire propose... d'imposer une somme de 120 fr pour leur servir à titre d'indemnité... "

( On voit que la fonction était mal rémunérée.) Déjà ! (NDLR)

Enfin, en 1833, Guizot., ministre de Louis-Philippe, fait appliquer l'ordonnance du 28 juin 1851 sur l'instruction publique.

Laissons parler le maire Laurent Garach, pendant une séance du Conseil municipal : " ...Depuis 1821 la commune a un instituteur primaire. En 1825, 25 enfants étaient déjà capables de lire, écrire et calculer passablement. Leurs pères n'avaient pu dans leur enfance profiter des mêmes avantages, vu la distance des communes qui avaient un instituteur, et toutes les difficultés qu'il y a toujours eu à surmonter, au moins pendant les cinq mois de l'année, par les eaux des grandes marées et crues d'eau des Landes qui couvrent les chemins de communication... " " ...De grands fossés d'énormes largeurs bordant les chemins, toujours pleins d'eau de marée, ont fait, de tous temps craindre des accidents auxquels on n'oserait encore moins exposer des enfants.... " " ... La commune a un bourg composé de 70 feux et où se trouve la population agglomérée au 7/8... " " ... Vu le nombre des enfants qui peut être annuellement de 45 propres à suivre les classes ... la commune entretiendra une école primaire élémentaire communale... " " ... Elle fournira, comme elle le fait déjà, le logement propre à l'instituteur tant pour lui que pour les écoliers. L'instituteur recevra un traitement annuel de 200 F. 12 élèves recevront l'enseignement gratuit. Les élèves payants payeront par mois. - les commençants : 1,00 F. - ceux qui liront et écriront : 1,50 F. - ceux qui auront un enseignement complet, lire, écrire, calcul, géométrie pratique, arpentage : 2,00 F. Total de la somme à prélever sur les centimes : 200 F., plus 60 F. pour le logement. Le 8 novembre I833, M. Tessié Jean, né à Cambes en 1790, déjà en place d'instituteur depuis 1824, désire continuer à exercer. Il est muni d'un brevet, on confirme sa fonction. "

L'instituteur est toujours mal payé. La salle de classe est une pièce louée par la commune chez les particuliers. Elle change souvent d'adresse et son confort est toujours très sommaire. Quand il y a une cheminée les élèves doivent apporter du bois de chauffage... Il y a quelques fois des abus excessifs : Le 16 février 1851 le Conseil municipal exprime ses regrets que "M. Bergerie, qui reçoit de la commune une indemnité de loyer de 100 F. tienne son école dans une chambre impropre à cet objet, attenante à sa maison d'habitation, attendu que cette chambre n'est ni assez aérée, ni assez éclairée, n'ayant d'ouverture qu'une fenêtre de très petite dimension, et une porte pleine qu'il est obligé de laisser ouverte en toutes saisons pour donner du jour à ses élèves. Ce qui n'est nullement convenable. D'ailleurs il en résulte que dans "l'hyver" les élèves doivent souffrir du froid et avoir leur santé compromise..." Mais Bergerie ne veut absolument pas faire revenir les élèves dans la bonne pièce qu'ils occupaient autrefois...

M. Bergerie, instituteur public, donne sa démission à partir du 31 décembre 1852.

Le Préfet demande s'il faut le remplacer par " un instituteur laïque ou par un membre dépendant d'une congrégation religieuse " Le Conseil demande un instituteur laïque.

(NOTA : Bergerie sera assassiné en 1860 dans d'étranges circonstances)

Le local de l'école préoccupe le Conseil municipal. On pense de plus en plus sérieusement à faire construire une école. Le 10 décembre 1865 on vote une somme de 12 000 F. pour la construction d'un groupe mairie-école, et le 27 juin 1869, le plan d'une école de garçons, de la mairie, d'une école de filles , et du logement de l'instituteur est soumis par M. Bouluguet, architecte. Le devis se monte à Il 480 F. plus 20 ares de terrain.

Le deuxième Empire ayant fait place à la IIIème République, l'enseignement se structure. L'Académie de Bordeaux adresse aux instituteurs, chaque année, le " Journal de Classe ", qui est un mémento et un programme. Dans le journal de classe de 1871-1872 on peut citer le prélude des recommandations de l'Inspecteur d'Académie : " ... Chaque jour, après l'accomplissement des obligations de famille, de quelques devoirs que lui imposent des fonctions accessoires dont il est chargé dans la commune, après les occupations du jardinage ou divers exercices corporels nécessaires à la santé, quand tout est tranquille autour de lui, l'instituteur se recueille... "

O.C.

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La gratuité scolaire

Le 12 février 1877, le Préfet demande aux communes qui le pourraient de voter la gratuité scolaire.

M. le Maire expose :

" ... que la commune n'est nullement en mesure dans sa situation financière de s'imposer de nouveaux sacrifices qui ont d'autant moins leur raison d'être que les familles qui paient la rétribution scolaire sont seulement celles qui sont dans une situation de le faire puisque les autres sont admises généreusement à bénéficier de la gratuité, d'où il résulte que l'instruction primaire se trouve ainsi à la portée de tout le monde. D'autre part, ce n'est pas une époque où les enfants ne sont que trop portés à n'avoir pas pour leur parents le respect et la reconnaissance qu'ils leur doivent, qu'il convient de leur fournir les moyens de n'être redevables à leurs parents d'aucun sacrifice pour leur éducation et de n'en avoir reçu que la nourriture selon l'instinct naturel... Par ces motifs le conseil municipal repousse en principe le système de la gratuité scolaire..."

O.C.

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Acquisition de la Mairie-Ecole

Le 18 juillet I878, le Maire passe un sous seing privé avec les époux De Batz, propriétaires du domaine de Pelletan, portant vente en faveur de la comnune d'une maison d'habitation avec cour et jardin y attenant, d'une contenance totale de 33 ares 40 centiares, suivant plan annexé, maison pouvant servir de salle d'école pour les filles et les garçons avec logement d'instituteur et d'institutrice, moyennant le prix d'acquisition de 30 000 F.

Le Conseil considérant ".... que le prix n'est pas trop élevé... que c'est une occasion d'acquérir à bon compte la maison d'habitation d'une grande propriété aujourd'hui bien morcelée, et comme il arrive en pareil cas, est cédée à un prix inférieur à sa valeur réelle autorise le maire à l'acquérir...."

Le 4 novembre 1883 , pour 651 F., M. Duret puisatier, creuse le puits des écoles.

L'école actuelle date de cette époque.

O.C.


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