Cartulaires de l'Abbaye de Sainte-Croix
de BORDEAUX
Concernant le prieuré de l'Isle Saint-Georges

 

Les cartulaires sont des recueils d'actes attestant les titres et privilèges d'une communauté religieuse ou laïque.
Ecrits en latin, ces titres venant de l'abbaye de Bordeaux, sont conservés aux Archives Départementales de la Gironde. Ils ont été transcrits en français en 1892 dans le tome 27 des "Archives Historiques du Département de la Gironde", par Léo Drouyn, sous la direction de Jules Delpit.
A travers ces textes s'étendant sur plus de deux siècles et dont le plus ancien a près de 900 ans, on retrouve des noms de lieux encore utilisés de nos jours, tels Balach, Estey Lins, l'Ilaire...

 

De decima de la Ilera
(La dîme de l'Ilaire)
1232

Qu'il soit connu de tous, tant pour le présent que pour le futur, le présent écrit fait entre le très vénérable en le Christ, Pons en ce moment abbé de l'abbaye de Sainte Croix de Bordeaux d'une part, et d'autre part de Bernard d'Acra et de Jordan son frère, Arnold, Guilhem, R fils de Guilhem et B. d'Acra fils de Arnold, bourgeois de Bordeaux, tous parents ici présents en cet endroit, la paix et la concorde régnant sur les héritiers et successeurs,

Sur la dîme que les dits bourgeois possèdent sur tous les vins produits sur le dimaire de l'Isle, tant de celle de la petite île qui est au milieu de la mer  (la Garonne), entre Cambes et l 'Isle, que sur tous les autres vins produits sur le dit dîmaire. ( ... tam de la illera qui es in medio maris, inter Cambas et Insulam... ).

Il est rappelé que la dite dîme appartient de droit à l'église sur tous les vins produits dans la dite islera (1'Ilaire), quelle qu'en soit la manière : soutiré ou non soutiré, pressé ou non pressé avec le pressoir, ou encore avec de l'eau, (piquette ?) ou sans eau.

Cette dîme sera la dixseptième partie de la récolte pour l'église quand le vin sera pressé ou soutiré.

S'il est prouvé que la vendange ou une partie de la vendange n'a été ni pressée ni soutirée, ni faite dans les cuves, la totalité de la dîme (un dixième) doit être acquittée avec grandeur et bonté (!).

Les héritiers et successeurs ici présents devront prévenir deux jours avant les vendanges l'abbé ou le cellérier de Sainte Croix, ou bien celui qui administre l 'Isle, (le prieur), de leur intention de vendanger.

De son côté l'abbé ou le cellérier, dûment averti, devra préparer ou faire préparer ses tonneaux et ses récipients pour recevoir la dîme qui lui revient. Il devra aussi envoyer ses gardes pour surveiller les vendanges et tout le vin fait ou produit de quelque manière que ce soit ; dans ce cas la dixseptième partie du vin sera versée sous surveillance de l'église dans des tonneaux ou récipients de sa propriété.

Ils doivent aussi prévenir deux gardes si l'on vendange en deux endroits différents, ou un seul si l'on ne vendange que dans un seul lieu. Les bourgeois susdits ou leurs successeurs, en ces endroits, pourront procurer des surveillants ou surveilleront eux-mêmes les vendanges.

Si pour une cause quelconque une partie des terres ou toutes les terres étaient semées en blé, la dîme serait perçue de la même façon que pour le vin.

Cet acte est fait en l'église de Sainte Croix, an du seigneur mille deux cent trente deux, Henri roi d'Angleterre régnant, sous la juridiction du Grand Pontife Grégoire siégeant. Afin que se perpétue et se conforte l'accord entre les deux parties en présence, le sceau du Révérend en le Christ père G. évêque, celui de Pons de Blanquefort abbé de Sainte Croix de Bordeaux, et celui des frères Bernard et Jourdain d'Acra sont apposés. Le sceau du seigneur Raimont Brun de Barsac, bourgeois de Bordeaux est apposé pour renforcer l'autorité de cet acte fait d'un commun assentiment et d'une commune volonté.

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