LA REQUISITION DE MINISTRE BOUCHOTTE

La commission - Recensement des chevaux - Etat des jeunes gens de la première réquisition - Objets en réquisition - Séquestration -

- Gens suspects - Contribution - Contribution patriotique - Emprunt volontaire - Conclusion de la grande réquisition -

LA COMMISSION

Le ministre de la guerre BOUCHOTTE lance un grand inventaire des ressources matérielles et humaines de la Nation. Cet inventaire, conduit par des commissaires qui n'ont pas l'air tendre, est suivi de réquisitions et de départs de jeunes gens pour la guerre :

" ... Ce vingt cinq frimaire, l'an deuxième de la République française une et indivisible, devant nous , officiers municipaux de la commune d'Isle Saint Georges, se sont présentés le citoyen François LAFOND et Dieudonné GAUBERTY commissaires nommés par le District de Bordeaux, lesquels nous ont fait lecture d'un arrêté du Conseil général du District de Bordeaux en datte du 13 frimaire (Novembre 1793), signé BOIS, Président, et GIRARD secrétaire, approuvé par les représentants du peuple signés ISABEAU et TALLIEN, et en vertu de l'article premier du dit arrêté les dits commissaires nous ont requis d'y apposer notre visa ce qui a été par nous fait.

Attendu l'heure de quatre heure passée les dits commissaires ont déclaré qu'ils renvoyeraient leurs opération au lendemain, en nous invitant à être rassemblés à l'heure de huit heures pour assister à leur opération.

Fait dans la maison commune ce jour mois et an que dessus et ont les dits commissaires signé avec nous.

THILLET, Maire

BELLOUGUET, procureur de la commune

DUBOST , secrétaire-greffier

LAFOND, commissaire

GAUBERTY, commissaire"

Le lendemain matin, les deux commissaires se présentent à l'heure dite.

" En advenant le vingt six frimaire l'an deuxième de la République Française, une et indivisible, par devant nous officiers municipaux de la commune de l'Isle Saint Georges, se sont rendus les citoyens LAFOND et GAUBERTY commissaires nommés dans l'arrêté dont est question au présent verbal, lesquels en vertu de leur commission nous ont requis de leur indiquer deux bons sans-culotte non propriétaires de la commune afin de les assister et se rendre avec nous dans toutes les maisons de la commune afin de vérifier le recensement par nous fait des grains en tous genre récoltés en la présente année existants dans les greniers, aquoi ayant satisfait sur le champ, nous avons appelé auprès de nous les citoyens Pierre MALORY et François DRIOT, sans-culottes non propriétaires, et sommes partis avec les dits commissaires pour nous rendre...

(Suit la liste de tous les propriétaires avec les quantités de denrées réquisitionnées et les quantités réservées pour la semence. Il s'agit de boisseaux de froment, de mais, de fèves, de pois, "pattates", avoine, "mongètes", lentilles, riz, foin, paille..

Chez la veuve COUDERC on réquisitionne aussi deux pistolet "une mauvaise épée", deux sabres et une petite cloche.)"

La Commission note les prix des denrées et ceux des services.

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RECENSEMENT DES CHEVAUX

La municipalité a déclaré aux commissaires du district avoir envoyé cinq chevaux, le 14 courant à Saint Médard d'Eyrans, chef lieu de canton, pour être visités par les commissaires nommés a cet effet, lesquels ont déclaré n'y avoir aucun de propre à la réquisition. ( !)

Deux hypothèses se présentent : ou bien tous les chevaux de la commune étaient médiocres, ou bien l'on n'avait choisi que les bêtes les plus vieilles et les plus malingres !

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ETAT DES JEUNES GENS DE LA PREMIERE REQUISITION (Novembre 1793)

Pierre DAURE, agé de 19 ans

Bernard LAFOURCADE , 20 ans

Jean FAUDONS, 21 ans

Fort DAURE, 21 ans

Jean COUSSILLAN, agriculteur 19 ans

Bernard GARACH, 18 ans et six mois

Jean. BROUCHARD, vigneron, 18 ans et six mois

Jean LABEYRIE, vigneron

Etienne BORDELES, laboureur, 24 ans

Arnaud COUSSILLAN, vigneron, 22ans

Jean MONTHEIL, laboureur, 23ans

Lesquels citoyens sont entrés en service le 26 Messidor, an deuxième de l'année républicaine (Juin 1794)

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OBJETS EN REQUISITION

Foin : 530 quintaux (16 tonnes environ)

Paille : 185 quintaux (9 tonnes environ)

Avoine : 1 boisseau (13 litres)

Pistolet de ceinture : un

Une épée

Cinq petites cloches, une pour la paroisse.

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SEQUESTRATION

Il n'y a ni biens séquestrés ni émigrés dans la commune.

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GENS SUSPECTS

La municipalité a déclaré n'avoir aucune personne suspecte dans son territoire, mais elle a observé que scellés étaient apposés dans la maison du citoyen JOURNIAC absent de sa résidence à Bordeaux.

Ledit scellé a été apposé par ordre du Comité de Surveillance de la commune de l'Isle Saint Georges.

(Il s'agit sans doute du ci-devant Alexandre de JOURNIAC qui deviendra l'un des premiers maires de la commune.)

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CONTRIBUTIONS

Le rôle des contributions de 1791 pour le foncier et le mobilier est totalement perdu, il n'y a pas d'excédent.

Pour celui de 1792 : sur la somme de 6 454 livres, il a reçu 790 livres. Le percepteur continue le recouvrement.

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CONTRIBUTION PATRIOTIQUE

La municipalité ignore que le percepteur de la contribution patriotique ait rempli un rôle, attendu l'absence du percepteur.

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EMPRUNT VOLONTAIRE

Les commissaires ont fait une invitation aux bons citoyens pour les engager à fournir à l'emprunt volontaire.

Ils ont, de plus, fait afficher un avis portant l'article de l'arrêté du District concernant ces objets.

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CONCLUSION DE LA GRANDE REQUISITION

Le troisième jour après leur arrivée, les commissaires, leur mission accomplie, regagnent Bordeaux. Les réquisitions sont faites, les jeunes gens désignés pour les armées dans le cadre de la "Levée en masse", vont partir... Les membres de la municipalité respirent..... Le secrétaire-greffier fait remarquer son zèle....

"...Le dépôt des lois et registres de délibération ont été mis sous les yeux des commissaires qui ont reconnu qu'ils étaient parfaitement en règle par l'assiduité et le zèle patriotique du secrétaire-greffier de la dite commune. La municipalité a déclaré de plus que toutes les lois ont été proclamées dans le temps et qu'elle en avait accusé réception. Fait et arrêté dans la maison commune par nous, officiers municipaux de l'Isle Saint Georges, en présence des commissaires du district de Bordeaux, ce vingt-sept frimaire, l'an second de la République française une et indivisible.

Signé THILLET, maire

COUSSILLAN, officier municipal

BELLOUGUET, procureur de la commune

DUBOST, secrétaire-greffier

GAUBERTY, commissaire

LAFOND, commissaire"

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