L'Ancienne Église

La vieille église romane, remplacée en 1852 par celle que nous avons sous les yeux aujourd'hui, faisait corps avec les bâtiments du prieuré et ceux du moulin à eau. Les derniers vestiges du prieuré et du moulin disparurent presque entièrement vers 1950.
Les XI° et XII° siècles, période où fut édifiée la première église, virent se réaliser d'énormes travaux dans la paroisse : assèchement de la ceinture marécageuse par le creusement des fossés et des "rouille", creusement de la partie du Saint Jean d'Etampes (alias Saucats) qui traverse le bourg, édification de la motte féodale et du château fort.

Il est probable que l'église ancienne qui existait encore en 1852 avait été refaite ou restaurée au milieu du XIV° siècle. La preuve semble en être apportée par la sculpture en bas-relief représentant St Georges (Oeuvre récupérée et réinstallée dans l'église actuelle). Cette sculpture typiquement romane figure St Georges sous l'aspect d'un chevalier revêtu d'une armure. Cette armure, avec sa cotte de mailles et son casque ogival est l'exacte réplique de celle qui revêt le gisant du Prince Noir, en la cathédrale anglaise Canterbury. Le vêtement de la princesse (gilet d'hermine) est aussi de cette époque, ainsi que l'inscription latine en caractère gothiques ; Sancti Georgii.

Description de l'ancienne église

L'extérieur est scrupuleusement représenté sur une lithographie faite par Jules Philippe en 1842.

Devant la porte d'entrée, il existe un porche au-dessus duquel on voit la sculpture de St Georges et à gauche, une partie des bâtiments du prieuré. Sur le contrefort méridional, il existe un cadran solaire et un peu au-dessous une horloge mécanique.
A droite, proéminente, la chapelle Saint Roch.
La grande croix de pierre du premier plan a été transférée au cimetière actuel vers 1870.
Le mur clocher comporte un campanile de fer dans lequel est suspendue une petite cloche depuis un appentis bâti derrière le clocher, au-dessus du toit de la nef. Une autre cloche, plus grosse, était dans les alvéoles du clocher.

D'après les plans dressés vers 1850, on peut reconstituer l'intérieur de l'édifice. En rentrant dans cette vieille église, passé le porche assez rustique, on se trouvait dans l'extrémité ouest de la nef principale. A droite, la porte d'un petit débarras ; à gauche, un escalier de bois permettant un accès à la tribune et à l'appentis des cloches, cette tribune régnait simplement au-dessus de l'entrée. Puis voici les fonts baptismaux qui marquaient la frontière entre les baptisés et les autres.
La nef principale ne comportait pas de voûtes en maçonnerie mais un plafond lambrissé fixé sur une charpente de bois. Elle se prolongeait par le choeur surélevé d'une marche, au milieu duquel régnait l'autel principal.
On pouvait accéder à la sacristie placée derrière l'autel par une petite porte à droite.
Dans le bas-côté de gauche au plafond voûté était l'autel de Notre-dame de la Pitié à laquelle on recommandait l'âme des morts non baptisés et des morts sans sacrements. Cet autel a ensuite été consacré à Saint Roch.
Un petit cimetière entourait l'église. Sa porte principale était toute proche du pont sur l'estey (qui, à l'époque, était très étroit). Un portillon s'ouvrait aussi à l'extrémité est du mur d'enceinte.
Moyennant une certaine somme d'argent on pouvait se faire inhumer dans l'église même. Aussi le carrelage était-il souvent en mauvais état.
Pendant la grande inondation de 1770, l'eau vint sur l'autel principal (Voir le récit du curé Laville) , les dalles s'effondrèrent et il fallut refaire le carrelage.
Cette église avait aussi failli être incendiée en 1650 au cours des combats de la Fronde .

Les dernières années de l'ancienne église

Après la Révolution, la vieille église privée de ses revenus domaniaux et de ses dîmes, devint la propriété de la commune. C'était une lourde charge pour celle-ci, car elle était déjà en mauvais état.
Le 26 pluviôse de l'an 9 (1801), le conseil municipal constate que la couverture de l'église est à refaire. On vote 100 livres pour cela (la moitié du budget communal annuel), mais d'autres préoccupations survenant, on n'entreprend rien.

En 1815, Louis XVIII remplace Napoléon et le conseil municipal tente de profiter de l'occasion pour demander des crédits au ministère des cultes. Le 7 mai 1815, le maire écrit :
"...le mauvais état où se trouve la couverture de l'église est tel qu'à l'avenir il sera impossible d'y exercer le culte divin (...) Le retour de notre auguste monarque est aussi celui de la religion (...) on espère avoir ce qu'on n'a pu obtenir sous le gouvernement de l'usurpateur..."

Malgré cette opportune flatterie, les autorités resteront insensibles à ces arguments.

Le 4 mai 1837, le conseil municipal fait faire un devis de réfection de la charpente "qui en a grand besoin" par un charpentier de "haute futaie", le sieur Dauphiné. Ce devis se monte à 1 343,57 F : c'est une somme considérable qui donne encore lieu à des réflexions et discussions. On en discute pendant quatre ans, et finalement on décide de se lancer dans une grande rénovation de l'église. On fait faire des devis sur des points précis :
"Peinture et dorure du grand autel - Raccourcir le cadre du tableau de 50 cm, y placer un tableau neuf - Démolir la corniche du haut du dit autel et la refaire à "ceintre" surbaissé - Placer une gloire au milieu - Deux statues de St Pierre et de St Paul en terre cuite de 1,70 m de hauteur - Latter le lambris du "coeur" (sic), le plafonner - Un tabernacle pour ce même autel, celui qui existe sera placé sur l'autel de la chapelle St Roch - Placer un socle en bois de chêne de la hauteur du marchepied sous chaque aplomb de colonne - Le vitrage des deux croisées du "coeur" de l'autel après que la maçonnerie aura été régularisée - Réparer le pavé du devant du marchepied de l'autel et régulariser la marche avec l'escalier de la chaire - Faire une rampe de fer à la Sainte Table - Ouvrir une croisée au nord dans la sacristie, la régulariser avec celle qui est au sud ; refaire le marchepied du vestiaire de la sacristie - Gratter, recrépir et blanchir tous les murs intérieurs de l'église et de la sacristie, blanchissage fait au lait de chaux - Recouper les anciennes moulures de la chaire et l'alléger - Refaire la rampe de la dite chaire avec la même pierre - Peindre et receler le chapeau - Changer les vitraux côté nord des deux croisées qui seront fermées sur charnières mobiles - Faire un tombeau d'autel à la chapelle St Roch et y placer un tableau de 1,50 m sur 2 m représentant St Roch - Le tambour de l'entrée de l'église sera démoli et remplacé par deux portes en toile sur cadre ; dont une porte sera fixe et l'autre ouvrante sur pivots et en saillie dans l'intérieur de l'église de 25cm..."

Ces travaux sont estimés à 1 200 F.
Le 5 décembre 1841, le conseil municipal vote cette somme.

Mais entre temps, l'église a été classée "Monument historique."
La commission des monuments, le 5 mai 1842, modifie le détail des réparations à effectuer :
" - Devis de M. Daure, doreur
(ça ne s'invente pas!) à Bordeaux, 14, cours de Tourny, pour la restauration du grand autel de la chapelle St Roch : 1 000 F.
- Démolition et reconstruction de la chaire en pierre par M. Helliot
(entrepreneur lilais) : 200 F"
Il est aussi question de restaurer deux statues de bois (Vierge à l'Enfant et St Joseph), un tombeau en bois de nerva (?) à St Roch, de faire rentoiler et restaurer avec soin par un bon peintre un tableau remarquable de la Nativité (Qu'est devenu ce tableau ?).

Et le temps passe !

La charpente et la couverture sont de plus en plus dangereuses, mais on ne fait toujours rien.

O.C.

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