Vivre avec la Garonne

 

Une intense activité

A coté du trafic des denrées et marchandises, le transport des personnes était très actif. D'innombrables passeurs traversaient sans cesse la Rivière, tantôt avec une yole , tantôt avec un bac, si bien que les habitants de l'Isle connaissaient très bien ceux de Cambes, Baurech ou Quinsac, et que les mariages étaient fréquents entre riverains.

Des coches d'eau amenaient les voyageurs à Bordeaux ou à Langon. Il faut remarquer que pendant de très nombreux siècles, en l'absence de routes dignes de ce nom, le moyen rapide et efficace d'aller à Bordeaux, par exemple, était le bateau.

Tout un petit monde vivait entièrement ou partiellement de la Garonne : les marins, les passeurs, les pêcheurs et les artisans comme les " carpenteys de gabare ", les cordiers, les voiliers etc.

Si la pêche nourrissait des professionnels, elle occupait aussi en partie nombre de vignerons dont les yoles encombraient les esteys. Pas mal de conflits naissaient de ces activités concurrentes.

Les " pescaïres" ou les " filadeys " utilisaient la trayne (senne), l'escave, le tresson, le tramail, les brèges, l'esterote, etc... , sans compter les lignes, les bourgnes (nasses) ou autres enquêts...

Autrefois comme aujourd'hui, c'est le " coulac " (alose), la " gatte " (ombre), le saumon, le " créac " (esturgeon), les anguilles, les carrelets (plies), les " pibales " (civelles) et autres qui ont fait suivant les saisons le bonheur des pêcheurs et les délices des gourmets.... (On peut déplorer que le créac soit aujourd'hui en voie de disparition).

 

Une vie parfois difficile

La vie au bord de la Garonne ou sur la Garonne si plaisante qu'elle paraisse avait ses ombres.

Dans les temps lointains c'étaient les Barbares puis les Normands qui avaient complètement ruiné et désertifié les rivages de la Garonne.

Au moyen âge, des corsaires locaux attaquaient les bateaux et les pillaient. A chaque instant il fallait se soumettre à des péages organisés à leur profit par quelque seigneur ou quelque cité.

Les tempêtes fluviales étaient très dangereuses, les crues, les tourbillons, les hauts-fonds rocheux causaient des naufrages.

Sans cesse les eaux glauques ou boueuses de la Rivière charriaient des noyés. Chaque village riverain réservait un coin de son cimetière pour eux.

Et puis les bateliers et les pêcheurs n'étaient pas des gens très tendres entre eux.. Des rivalités d'intérêt, des jalousies, des contestations de droits se traduisaient par des batailles à coups d'aviron ou de barre de gouvernail...

Il arrivait souvent aussi que les bateliers débarquent furtivement pour aller dérober les légumes ou les fruits des terriens d'où conflits et bagarres....

Ces mêmes matelots venaient aussi offrir aux riverains qu'ils connaissaient bien des denrées à bas prix qu'ils baptisaient "de contrebande".. Il s'agissait de marchandises dérobées sur le chargement de leur bateau !

Un autre danger, le mascaret

Lorsque les eaux de la Garonne sont très basses, au moment où la marée commence à monter, il se produit à l'embouchure du fleuve une grosse vague qui remonte jusqu'aux environs de Langon avec un mugissement caractéristique. Cette vague est d'autant plu forte que le lit est étroit et que les fonds sont hauts. Malheur au petit bateau imprudent qui risque le naufrage ou la destruction sur quelques perrés du rivage !

Et les plus gros risquent de rompre leurs amarres...

Aujourd'hui, le mascaret est une vague très appréciée des surfeurs.

Sur cette vdéo, le mascaret à Cambes, sur la rive opposée l'Isle Saint-Georges

 

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