L'Isle Saint-Georges est née de la Garonne

Ile sur la grande voie fluviale reliant en partie la Méditerranée et l'Océan, elle occupait sans doute l'endroit privilégié d'un passage à gué de la route transversale qui, venant de Biganos et passant par Mios, Salles, Belin-Beliet, Hostens, Villagrains, Cabanac et Ayguemorte, s'insinuait dans l'étroite vallée tranchant les coteaux de la rive droite de Cambes à Créon.

Cette voie transversale suivait d'abord la vallée de la Leyre, puis sautait dans celle du Guâ-Mort. Le chemin de fer dit " économique " de naguère empruntait cet itinéraire qui semble fort ancien et qui est jalonné de trouvailles archéologiques d'un grand intérêt.

Notre village, installé au centre de terres grasses et fertiles a donc pendant plus de deux millénaires, vécu au rythme du grand fleuve que l'on appelait "la mar". Cultivateurs/pêcheurs, pêcheurs de métier, marins et charpentiers de bateaux formaient une bonne part de la population.

Il est vrai que la Garonne soumise au rythme des marées bi-quotidiennes jusqu'à Langon se prêtait merveilleusement à la navigation. Il suffisait de laisser porter le bateau par la marée montante ou descendante pour voyager sans grande peine. Les embarcations étaient aidées souvent par une voile et guidées par un grand aviron. Si l'on avait mal calculé son trajet dans le temps ou si l'on avait été gêné par quelque intempérie, on pouvait l'achever à l'aviron ou en se faisant haler depuis le rivage à l'aide d'une corde : la "tire". On pouvait aussi attendre, à l'ancre, la prochaine marée.

Cette navigation facile entre Bordeaux et Langon était prolongée vers le haut-pays jusqu'à Toulouse par une Garonne à courant descendant, pleine d'embûches. Au delà de Toulouse il fallait emprunter les voies terrestres, ceci, bien entendu, avant le creusement du canal du Midi, (I667 - 1681), pour aboutir à Narbonne porte de la Méditerranée.

Vers l'aval, Bordeaux constituait le centre récepteur et dispensateur des marchandises, pôle de toute l'activité de notre région.

  Du haut-pays venaient vin, blé, aloses et "créacs", saumons, pierres de taille et moellons, bétail, bois de chauffage, merrain (pour les barriques), vime et "paous de hinhe" (échalas)....

De la mer, par la Gironde, arrivaient les huîtres, le miel, la résine et le goudron des Landes, les métaux, les harengs salés de l'étranger, les pierres de lest (granits et pierres volcaniques) que l'on retrouve parfois dans les murs de nos vieilles maisons.

L'Isle Saint-Georges exportait du vin , du bois, du bétail, des fruits et légumes, des poissons etc... et recevait des huîtres, (on en trouve les coquilles jusque dans les vestiges gallo-romains), des poissons salés, des pierres, du sable et de la chaux, du bois pour les barriques : douves et cercles, etc...

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